Les Téké de Mfoa (NCUNA) des courtiers obligés dans la prise de possession territoriale du Congo-français par les européens (XVIe-XIXe siècles)
Mots-clés :
Ogooué, territoire, français, Bateke, Mfoa, Brazza, Augouard, Stanley.Résumé
Le 1er octobre 1880, Brazza débarque à Mfoa, sur la rive droite du Stanley Pool en provenance du Haut Ogooué. Il traduit par l’adverbe inter-rogatif, ncouna ! ncouna ! C’est-à-dire, Là-bas ! Là-bas, la réponse à la question qu’il posa aux Teke, alors qu’il s’agissait du village de Mfoa qui prendra plus tard le nom de Brazzaville.
Cinq mois après avoir créé la station de Masuku (Franceville) sur l’Ogooué, Brazza traversa les pays tekes, et signe le « traité » du 10 septembre 1880 avec Macoco à Mbey. Il ne trouva pas un lieu propice pour l’installation de la deuxième station, ni sur l’Alima, ni sur le Congo qu’il descend, mais à Mfoa.
Ce texte essaye de démontrer que la fondation de la station de Mfoa (Braz-zaville) puis ses motivations sur les révélations des auteurs des XVIe et XVIIIe siècles qui rapportèrent que Mpumbu était un grand centre d’échanges. Aussi le texte du 3 octobre 1880 portant prise de possession de Mfoa par Brazza, fut-il fondé sur les mêmes préoccupations commerciales confirmées par les explorateurs et les missionnaires au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle ? Ce document tente de prouver que les Teke de Mfoa, placés au con-fluent des voies terrestre et fluviale d’échanges du bassin congolais, furent des courtiers obligés.