Représentations de la féminité, sexualité et violences sexistes dans les sketchs populaires de la République Démocratique du Congo
Mots-clés :
théâtre, sketch, corps, violences, sexualité, esthétique.Résumé
A quoi sert le théâtre dans un contexte de crises permanentes ? Quels sens attribués aux concepts « pouvoir » et « féminité » dans un pays exsangue comme la République Démocratique du Congo (RDC) ? Quelle est la signification de l’équité sexiste en Afrique postcoloniale1 ? Des questions profondes qui traduisent d’une manière ou d’une autre les motivations de nombreux réalisateurs de certains sketchs populaires qui ne manquent pas d’apporter leur contribution au travail de brouillage des identités sexistes dans un contexte où la phallocratie a pris le dessus sur tout. Les différents sketchs produits par de nombreuses chaines de télévision locales peuvent être salués comme des chefs d’oeuvre capables de transformer les discours an-thropologiques basés sur le genre et la violence sexiste. Le succès que ces sketchs populaires acquièrent attesterait un pouvoir condescendant d’une nouvelle catégorie de femmes comédiennes dites « travesties » mais éprises véritablement de progrès social. Ces femmes sont complètement convaincues qu’aucune évolution n’est possible sans opérer un écart remarquable avec un passé entaché d’interdits. Ainsi, la réflexion que nous convoquons autour du triptyque féminité, sexualité et violences dans les sketchs produits par les groupes populaires de la République populaire du Congo (RDC) s’inscrit dans une dynamique de décloisement d’une certaine culture séculaire, pas-séiste et violente pour une culture libérée de toute entrave à l’évolution.